Cluj-Napoca
11h, check-out. Je ne trouvais aucun train pour Cluj, notre prochaine étape, mettant moins de 5h50 et 3 changements de train. Pourtant ce n'est pas si loin. En repensant à ce que m'avait expliqué Anna sur les trains privés, j'ai cherché autrement et j'ai fini par trouver un train "direct" de 4h. Je n'avais réservé aucun train interne, ce qui nous permet de rester flexible dans nos envies.

Il n'est qu'à 14h30 ; en attendant nous allons bruncher.



Je bois le café glacé au sucre de vanille le plus délicieux de toute ma vie.

On parcourt les dernières rues de Sibiu avant la gare, c'est toujours un plaisir d'admirer les rues colorées.

Et on prend place dans le train, direction Cluj. C'est la ville que j'avais le moins envie de visiter : 2ème ville du pays en nombre d'habitants, je n'avais pas vu grand chose à faire, c'était une sorte d'entre deux entre les villes de Transylvanie et les étapes rurales par la suite.



Le trajet dura une heure de plus, et je finis par laisser Billie faire la course avec son copain roumain du même âge dans l'allée centrale du train pour se défouler ; nous n'étions que 6 dans tout le wagon et notre arrêt d'une heure dans une gare obscure mit brutalement fin à tous mes principes.

Arrivée à Cluj et fin du suspens : je suis tombée instantanément amoureuse de la ville au point de regarder le prix de l'immobilier dans les agences, les mains dans le dos comme tout bon pré-quarantenaire en vacances.

A peine sortis de la gare qu'une dame me tombe dessus à l'arrêt de tram : elle veut m'aider à prendre les tickets à la machine, et se plie en 4 pour me l'expliquer. Adorable !

Il était déjà 20h, alors dès que l'on a posé les sacs dans notre studio nous nous sommes mis en quête d'une supérette. C'est là que je me suis rendue compte à quel point j'avais encore choisi un super logement, hyper central, c'est vraiment ce que j'ai le plus réussi de ce voyage : jusqu'à présent aucun raté sur les logements.
La rue derrière la notre donna le ton : tout était piéton, rempli de bars et de restos où se côtoyaient étudiants (ils représentent plus du tiers des habitants), parents avec poussette et jeunes actifs.

22h, Billie tournait comme un lion en cage, je l'emmène alors dans le parc situé 2 rues plus loin : Central Parc (véridique). Connaissant un peu le pays maintenant je me disais qu'il y aurait certainement une aire de jeux.
Je ne pouvais pas encore imaginer sur quoi j'allais tomber : une immense aire de street workout où des mecs torse nus et filles en petits shorts s'entraînaient, un terrain de basket où j'ai abandonné Milan le temps d'un match, des fontaines d'eau potable à tous les coins de chemin, un lac avec des pédalos en forme de cygne, un bar sous les lampions, et tout au bout une immense aire de jeux divisée en 6 espaces différents. Mon petit lion, la cage de l'appartement quittée, couru 5 kilomètres dans la nuit, pour me demander à minuit passé d'aller se coucher, à bout de force tellement elle avait grimpé les toboggans du château fort, les escaliers intérieurs du bateau pirate, les balançoires, les barres, les espaliers et autres agrès.






Une douche et au lit ; malgré 5h dans le train nous avons pu rattraper les 8km à pied quotidien des autres jours.
J'avais maintenant un bon levier pour trainer les enfants au jardin botanique, un incontournable dans toutes les villes qui en possèdent un. Je me rappelle encore, dans un frisson de plaisir, de celui de Rio visité il y a maintenant....10 ans.
Avant ça, un petit tour pour visiter la ville de jour, ses cafés bohèmes, sa grande église gothique et ses édifices baroques.








Nous voilà donc au jardin botanique, véritable oasis de verdure dans laquelle nous avons passé quelques heures à profiter des serres, du jardin japonais et des tortues.








Retour à l'aire de jeux, donc, et une pause une bar bien méritée pendant que Billie est repartie faire des bombes à eau avec des enfants du bar.


On rentre dans les petites rues piétonnes, l'ambiance est festive, il y a une légèreté qui se dégage de cette ville et qui m'inspire énormément.

Dernier jour ici. Billie se réveille à midi. Couche-tard, lève-tard, elle a l'opposé de mon rythme...mais je la laisse dormir car de toute façon, il pleuviote.
Nous aurions pu aller à la mine de sel de Turda pour y faire de la barque sur le lac souterrain ou randonner dans les gorges du même nom mais c'est inaccessible en transport.
J'en profite pour tenter de louer une voiture pour la suite de notre trajet. On me dit par mail qu'il n'y a plus de voiture disponible, mais je tente en parallèle une réservation sur le site internet, et je reçois un mail de confirmation. Voiture ou pas voiture ? Suspens !
Nous profitons alors encore un peu de la ville, et entrons dans toutes les (nombreuses) librairies (ville étudiante oblige, un paradis j'ai dit).



J'en profite pour acheter un livre en français sur l'histoire du pays. Hyper intéressant ! Qui savait que la Roumanie était entrée en guerre aux côtés de l'Allemagne nazie, comme alliée, puis avait subitement retourné sa veste en août 44 ?

Bref, avec Cluj, c'est l'amour. C'est simple, avec Tanger c'est une ville où je pourrais vivre quand Marine La Peine (oui on peut l'appeler comme ça maintenant qu'elle a été condamnée) obligera nos enfants à chanter la Marseillaise sous le drapeau en uniforme tous les matins.
On trouve la meilleure boulangerie de la ville, elle vend des cinnamon rolls merveilleux et des french baguette. On reprend des forces et on repart se balader, nez au vent.



Au hasard d'une rue nous entrons dans le musée de la Pharmacie, dans les locaux de la plus ancienne pharmacie de la ville, celle de la famille Hintz.





Le musée reproduit fidèlement la structure d’une pharmacie médiévale de la Transylvanie: l’Oficina, la salle où étaient vendus les médicaments, la salle des matériaux pour le stockage des matières premières et le laboratoire pour la production de médicaments utilisant différentes technologies.



On passe un super moment à découvrir les nombreux objets de la pharmacie et de la médecine de l'époque.


Mais je crois que ce qui m'a le plus touché c'est les photos d'époques prises par Madame Hintz. On la voit dans son quotidien, avec ses enfants. Ces photos m'ont beaucoup émue car je trouve qu'on n'a que peu l'occasion de voir des photos des femmes de l'époque. Et ce qu'elles prennent en photo : leurs enfants. Je ne résiste pas à l'envie d'en partager ici quelques unes !


On rentre à la maison poser notre french baguette et quelques secondes après une grosse et longue averse nous impose un temps de repos. Pour finir cette journée, un tour à la crêperie et à l'aire de jeux bien sûr !




































Super article, tu m'as donné envie de visiter Cluj !
Le café et les cinamonrolls ont l'air délicieux. Hâte de lire la suite
Sympa Cluj, je connais pas. Et ces aires de jeu, incroyables! Beaux souvenirs du passé, depuis 1980 ou j'y suis allé, ça a drôlement changé !!!
Comme ça donne envie!!!
Sublime, faudra y retourner ! Que de beautés !