Sénégal - Mlomp et Oussouye
- 5 mars
- 4 min de lecture
Il est déjà temps de quitter le bord de l'eau pour s'enfoncer un peu dans les terres et découvrir la culture diola, l'ethnie majoritaire de la Casamance.
Barthélémy nous conduit jusqu'à Mlomp, où nous découvrons les immenses fromagers qui peuplent la place principale.



Dans une petite case qui ne paye pas de mine, nous sommes accueillis pour une visite des traditions diolas. Notre guide nous présente d'abord la case à impluvium, l'habitat emblématique des Diolas.

Sa structure circulaire repose sur un patio central, appelé impluvium, qui collecte l'eau de pluie grâce à une toiture inclinée en entonnoir. En plus d'assurer une réserve d'eau, l'impluvium joue un rôle de régulateur thermique, l'évaporation de l'eau rafraîchissant naturellement l'interieur.
On ferait bien de s'inspirer de la dimension écologique de ces maisons ! Elles sont construites à partir de matériaux on ne peut plus locaux : terre crue, bois de mangrove, charpente en palmier rônier et porte en racine de fromager. Les colonnes d'argile sont empilées après séchage, de 15 à 30 jours.
La case à impluvium est également un lieu de socialisation familiale, où tous les membres de la famille se réunissent au centre de la maison pour discuter et préparer le repas.
Les Diolas sont aussi très doués pour exploiter les ressources naturelles de leur environnement.
Ils vivent principalement de la pêche, de l'agriculture et de la récolte du vin de palme et ont développé de nombreux outils nécessaires à l'exploitation de ces ressources.


Nous avons eu aussi une longue explication sur les boekins, les fétiches. Il faut savoir qu'avant, les villageois étaient quasiment tous animistes. Aujourd'hui encore, même s'ils sont nombreux à être catholiques, ils ont gardé des croyances animistes. Les fétiches en font partie ; ils sont le trait d'union entre Dieu et les hommes. On les consulte pour des problèmes personnels ou collectifs. Si un habitant enfreint les lois du groupe, par ignorance ou méchanceté, il sera puni, parfois même sa famille ou le village. Il sera nécessaire de se livrer à des rites de réparation auprès du fétiche (souvent des offrandes). Par exemple, un homme ou une femme n'ayant jamais eu d'enfant ne doivent pas assister à un accouchement ou rentrer dans une maternité. Si l'un ou l'autre enfreind cette règle, il devra se confesser auprès du fétiche Kahuso, lui faire des offrandes et rentrer sans jamais se retourner, en lui tournant le dos et sans jamais parler à qui que ce soit en cours de route.

Après cette visite fort instructive, nous croisons un petit papi à la terrasse de sa maison, et il nous propose de la visiter. C'est une case à étage, réalisée par son père, de retour de France après la seconde guerre mondiale. Il se dit qu'il voulait donner une idée de comment les maisons sont en Europe !

Il nous explique que c'est son papa qui l'a construite, et la maison est vraiment étonnante : escalier intérieur, colonnades, loggia...




Nous repartons pour Oussouye, où nous choisissons, au pif, notre campement du soir. Nous tombons sur une jolie maison à impluvium, implantée dans un très joli jardin fleuri et arboré.

Nous faisons un petit tour dans la ville (une préfecture tout de même !) pour trouver quelques fruits et victuailles.









Et nous profitons du calme du jardin pour vaquer à nos occupations.
Enfin, le lendemain, nous demandons à un jeune du village de nous conduire à l'usine de transformation de noix de cajou.

C'est le petit-fils de Joseph qui nous reçoit et nous explique tout. Les 15 hectares d'anacardiers, le constat par son grand-père à sa retraite qu'ils n'en font rien et son désir de créer une petite usine pour les traiter.
Il emploie une quinzaine de jeunes filles handicapées pour les aider à s'insérer et se sert aussi de la pomme de cajou pour en faire de l'eau de vie, du jus.
Ils attendent que les pommes tombent d'elles-mêmes ; les noix y sont accrochées. Les noix sont d'abord cuites sous pression, comme dans une cocotte minute et séchées au soleil pendant 1h.


Ensuite, grâce à une machine qu'il a lui-même créé (Joseph était ingénieur agronome), il casse la coque pour récupérer la noix.

Enfin, elles sont cuites pendant 6h dans un grand four à bois.


C'est très instructif, ludique et incroyable de découvrir ça installé en plein milieu de la nature (c'est d'ailleurs situé au bout d'un village introuvable).
On le remercie pour la visite en achetant 3 petits paquets et on file à la gare routière.



Direction Elinkine.

Le taxi 7 places se rempli très rapidement : en 15 minutes nous pouvons partir.

Nous demandons au chauffeur d'appeler Papis, notre prochain hôte, qui nous envoie une pirogue.


































Miam miam